Exposition Visite Commentée : Des Moines Dans Les Grands Monts ! à Saint Sylvestre du 18 au 20 septembre 2020

Du

18 vendredi septembre 2020

au

20 dimanche septembre 2020

10h00 • 13h30 • 14h00

Abbaye De Grandmont (Grandmont)

Plus d'infos sur l'exposition Visite Commentée : Des Moines Dans Les Grands Monts ! à Saint Sylvestre

L'exposition Visite Commentée : Des Moines Dans Les Grands Monts ! a lieu au dans le cadre des Journées du patrimoine Saint Sylvestre 2020.

### Pour la première fois à l'occasion des JEP, les amis de l'abbaye vous proposent de découvrir les fouilles, d'assister à une conférence sur son histoire et de profiter de promenades accompagnées.

* _**L'abbaye de Grandmont : un patrimoine à redécouvrir**_

Dans le cadre de sa première participation aux Journées du patrimoine, la Société des Amis de Saint-Sylvestre et de l'Abbaye de Grandmont (SASSAG, [www.sassag.com](http://www.sassag.com)) organise l'accueil des visiteurs sur le site de l'abbaye de Grandmont et la découverte de son environnement naturel.

Des **visites conférences** permettront aux visiteurs de découvrir les restes de l'abbaye redécouverts depuis 2013, sur le site appartenant à l'association, grâce aux fouilles archéologiques menées chaque année par une équipe de l'Université de Picardie Jules Verne, sous la direction du Professeur Philippe Racinet.

Depuis 1820 et sa démolition complète par un entrepreneur du bâtiment, rien de visible ne subsistait de cette immense abbaye qu'une chapelle construite avec des pierres issues de la démolition et les quelques objets de culte qui y avaient été transportés.

Après des premiers sondages effectués en 2013, les fouilles ont permis de dégager l'assise des murs et le sol de la nef de l'église primitive. De nombreux tombeaux ont été mis à jour dans l'axe de celle-ci, en particulier celui d'un des deux évêques dont les chroniques mentionnent l'inhumation dans l'église. La magnifique construction du chevet est ensuite apparue plus à l'est. Une zone d'inhumation séparée en plusieurs secteurs d'époques différentes a permis la mise à jour d'un grand nombre de sépultures présentant différents types de construction. En 2018 et 2019, un groupe exceptionnel de fioles en plomb a été découvert en place dans plus de trente sépultures dégagées au chevet de l'église.

Sur le côté sud de l'église, une partie du cloître a été dégagée, cloître qui se poursuit de l'autre côté de la route tracée au XXème siècle à travers l'enclos de l'abbaye. Les galeries nord et est du cloître sont aujourd'hui visibles. Dans celle du nord, qui donnait accès à l'église, le sol était couvert de pierres tombales qui recouvraient chacune plusieurs sépultures superposées. Celle du sud est entièrement recoupée par un impressionnant mur constitué de blocs énormes et parfaitement taillés.

Ce sont en effet les restes de la dernière reconstruction de l'abbaye, à partir de 1760, qui s'imposent quand on pénètre sur le site pour la première fois. D'une facture exceptionnelle, ces murs recoupent l'ensemble des structures antérieures et compliquent leur lisibilité. Pour les archéologues, il s'agit de séparer des constructions étalées sur six siècles et conservées sur le même plan et d'en comprendre l'articulation.

Les visiteurs pourront cheminer au milieu d'un ensemble de pierres sculptées, en particulier des pierres tombales, qui ont été découvertes lors des fouilles. Cette première présentation constitue l'amorce d'un jardin lapidaire que la SASSAG souhaite aménager dans l'enclos de l'abbaye.

Les visites seront complétées de **présentations sur l'histoire de l'ordre de Grandmont et de son imposant trésor** qui a été dispersé lors de la dissolution de l'ordre, peu avant la Révolution. Malgré les destructions, les ventes et les vols, cette dispersion a finalement permis la conservation de nombreuses pièces qui se trouvent toujours dans diverses églises du diocèse, au musée des Beaux-Arts de Limoges, à Paris et dans d'autres grands musées d'art à travers le monde.

* _**Les fouilles archéologiques : quelles problématiques ?**_

Ces fouilles programmées, soutenues par la Direction Régionale des Affaires Culturelles contribuent à la formation des étudiants en archéologie qui ont l'occasion, pendant cinq semaines chaque été, de travailler avec des spécialistes des nombreuses disciplines impliquées dans la recherche en archéologie médiévale. Elles contribuent, avec la SASSAG et le soutien des collectivités locales, à la valorisation du site culturel en interaction avec son environnement naturel.

Du point de vue scientifique, le projet vise à établir les différentes étapes de l'aménagement du site de Grandmont par les moines. Le site était-il désert ou non à leur arrivée en 1125 ? Quelle fut l'implantation et l'aspect de leurs premières constructions après leur arrivée ? Combien de reconstructions se sont succédé à l'époque de la splendeur de l'abbaye au tournant du XIIIe siècle ? Quelle empreinte eurent les Plantagenêt sur l'organisation d'un édifice où ils résidaient fréquemment et où ils avaient envisagé un temps de se faire inhumer ? Peut-on retrouver les constructions associées à leurs séjours qui sont mentionnées dans les chroniques ? De nouveaux travaux ont-ils été entrepris entre le Moyen-âge et le grand chantier de reconstruction XVIIIe siècle ? Jusqu'à quel moment les moines ont-ils continué à utiliser les bâtiments médiévaux ? Quel était l'avancement du projet au moment de l'abandon du site en 1788 ?

Ces fouilles visent aussi à reconstituer l'empreinte du grand centre de pouvoir que constituait le monastère sur toute la région. Quels aménagements ont-ils pu apporter, grâce à leurs moyens financiers et aux tenanciers sur lesquels ils exerçaient le pouvoir seigneurial, à un environnement peu favorisé par la nature ? Comment étaient organisées sur le terrain leurs activités économiques multiples, aussi bien dans la franchise, un territoire d'environ 700 hectares sur lequel les abbés et les moines exerçaient un pouvoir souverain, mais aussi sur toute la région environnante où leur puissance féodale entrait en concurrence avec les puissances voisines, laïques comme la châtellenie du Dognon ou ecclésiastiques comme l'évêché de Limoges ?